Travailler en semaine… pour attendre le week-end?

Il y a maintenant bientôt 5 ans, j’ai quitté l’hôtellerie pour avoir une vie « normale ». Fatiguée d’avoir des horaires décalés et de travailler le week-end, de louper les événements importants de mes proches, ou tout simplement de ne pas pouvoir aller à un simple dîner en semaine car j’étais coincée derrière mon desk jusqu’à minuit, j’ai décidé de changer de secteur d’activités. Je ne cherchais pas un domaine en particulier, tout ce que je savais c’était que je ne voulais pas reprendre de formation et que je voulais construire une vie plus tranquille.

Après avoir intégré une entreprise qui fermait le week-end, les jours fériés et qui me faisait finir pas plus tard que 18h, j’ai rattrapé le temps perdu. Voyages, week-ends, fêtes, soirées…  Puis les choses se sont tassées, une routine s’était installée.

Petit à petit j’ai remarqué que ces nouveaux « privilèges » n’étaient pas assez. Je voulais partir toujours plus tôt, obtenir plus de vacances et je me surprenais à regarder le calendrier et ses jours fériés pour poser des jours stratégiquement. Chose que je méprisais complètement chez les autres auparavant. Puis je me suis mise à attendre le vendredi soir ou 18h en semaine pour rentrer chez moi. Il y avait des jours, des semaines où je n’étais pas vraiment occupée et le temps passé au travail me paraissait interminable. Tout ce temps passé à ne rien faire était du temps gâché et cela m’a fait tilt. Je me suis alors posée la question de ce que j’étais en train de faire de ma vie, si vivre c’était passer son temps à attendre le soir, le week-end ou les vacances.

Alors bien sûr, je ne vis pas avec un partenaire que je retrouve tous les soirs à la maison ou je n’ai pas encore d’enfants. Et je ne sais pas si ce serait mieux ou si se serait pire ? Car je pense que je me consacrerais à eux tout le reste de mon temps sans trop réfléchir au reste.

Aujourd’hui je me sens bien dans l’entreprise dans laquelle je suis. Mes journées passent vite et elles ne se ressemblent pas. Je fais des choses différentes chaque jour, je me sens en constante formation, on me fait confiance, on me donne des responsabilités et on me remercie ! Pour avoir été dans des environnements toxiques au travail, je peux vous dire que c’est un peu comme si j’étais en vacances ! Puis le vendredi soir j’ai toujours la même énergie que le lundi soir, et je m’occupe pas mal les week-ends. La vie est belle ! Oui mais… pour combien de temps ?

Car me connaissant, un « mais » demeure. Je donne mon temps contre de l’argent à une entreprise qui n’est pas la mienne et qui me remplacera et m’oubliera à la seconde où je déciderais de partir. Je me dois de travailler de 8h30 à 17h30 pour un salaire qui n’évoluera pas forcément dans les mois, années à venir. Et je ne suis plus intéressée par les postes à responsabilité non plus. Mes samedis depuis le mois de novembre ont souvent été réservés aux courses, au ménage, à un dîner, apéro entre amis le soir et le dimanche à faire une activité en extérieure ou glander à la maison. Alors oui c’est sympa d’être calée avec tout le monde pour se voir et partager des moments mais quand même… Au secours !

J’ai eu une sorte de crise d’angoisse juste un peu avant Noël, un samedi après-midi lorsque je faisais la queue au Leclerc du coin. True story. Le magasin était blindé, toutes les caisses étaient ouvertes et j’avais une queue interminable devant moi avec une personne âgée qui se plaignait du temps que cela prenait. Et moi je me disais : « Mais pourquoi toi, qui a tout le temps du monde, tu viens faire tes courses un samedi midi avec tout le reste de la « populace » ? » Puis en regardant autour de moi, je me faisais la réflexion que nous étions tous dans le même bateau avec nos horaires de bureau à faire nos courses le samedi. Puis que c’était à cela que la majorité des gens consacrait leurs week-ends : à consommer, à dépenser leur salaire durement gagné. Et je ne voulais pas/plus faire partie de ces gens-là.

Depuis, les courses le samedi, j’évite. Comme j’évite de consacrer du temps sur mon week-end à trop de tâches ménagères ou à regarder la télévision/Netflix en semaine. Pour gagner du temps en semaine, je cuisine de temps en temps à l’avance quelques plats, mais là encore cela me prend du temps sur le week-end. Et en écrivant ces lignes je me rends compte que je cherche toujours à gagner plus de temps et qu’en quelques paragraphes je l’ai bien écrit quinze fois ! Serait-ce une obsession ? Peut-être. Une sorte d’atteinte à ma liberté ? Sûrement. Je ne m’en cache plus, je suis une obsessionnelle de ma propre liberté. J’ai la peur de me retrouver enfermée, que cela soit dans un travail, une relation, une pièce avec des gens que je n’aime pas… Si j’avais été un animal, j’aurais été un oiseau, mais cela, c’est un autre sujet!

Dans tous les cas de figures, je me sens prisonnière dans un système qui m’empêche de respirer et qui m’oblige à cloisonner ma vie.

Notre temps est limité sur cette Terre, nous ne sommes pas immortels et les gens ont tendance à l’oublier. Donc le temps est la chose la plus précieuse que nous possédons. Ce n’est pas l’argent, ce n’est pas ce partenaire, cette maison ou encore cette voiture. Chaque jour mérite d’être vécu. Dans chaque jour nous pouvons trouver quelque chose qui nous procure de la joie, du bien-être, l’envie de continuer. Mais pouvons-nous devenir maître de notre temps tout en vivant correctement ? Je pense que oui, il faut juste s’en donner les moyens.

Je vois un début de solution dans celui de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ou de ne pas compter seulement sur une unique source de revenu. Nous vivrions mieux, si nous travaillions moins. Mais travailler moins voudrait dire gagner moins d’argent. Tout en sachant que travailler 8-9h par jour 5 jours par semaine n’a jamais amené quelqu’un à devenir riche. Alors quelles seraient les solutions ? Vivre de que l’on est vraiment, serait ne plus travailler. Se serait simplement vivre.

Un talent ? Une envie ? Des connaissances ou des compétences à exploiter ? Croyons-y et exploitons-les. Sur le long terme cela ne pourra être que bénéfique et si on y s’y prend bien, on n’attendra plus un seul jour de notre vie d’être en week-end, en vacances ou encore l’heure de rentrer chez nous le soir en semaine.

2 commentaires sur “Travailler en semaine… pour attendre le week-end?

  1. Je me suis souvent posé ces questions. Et je crois qu’elles ne sont jamais bien loin!
    Pour ma part, je pense que c’est à nous aussi de choisir notre vie et ce que nous voulons en faire. Personnellement beaucoup de gens autour de moi me parlent de courses et de lessives le weekend. Et du stress que cela génère. Le weekend je ne pense pas à tout ça, j’ai juste envie de prendre le temps de vivre, le reste attendra. Bien sur il y a le quotidien à gérer mais chacun peut le faire à sa sauce.
    Quant au travail, ça reste dans notre société en tous cas, ce qui nous offre un salaire et nous permet de vivre. Mais il y a certainement des alternatives, à nous de les trouver!

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