La première chose qu’on regarde

Après avoir lu La liste de mes envies, On ne voyait que le bonheur, et Danser au bord de l’abîme, j’ai compris que Grégoire Delacourt aimait écrire sur les tempêtes que traversent les hommes et les femmes « à l’âge de la maturité », la quarantaine.

Des choses aussi belles que l’amour, aussi dures que le pardon, aussi incontrôlables que le désir ou encore aussi graves que la folie. Tout ce qui fait de nous, des humains dans la tourmente et le bonheur.

Dans La première chose qu’on regarde, il s’attaque à la jeunesse, à nos vingt ans et au fantasme que le physique provoque, mais du côté masculin. Ce qui se passe un peu dans la tête des hommes…

De quoi cela parle ?

Arthur Dreyfuss, 20 ans, garagiste, habitant une petite maison au bord d’une départementale en Normandie éprouve, depuis son plus jeune âge une certaine fascination pour les gros seins. Ayant eu quelques expériences courtes il est célibataire et mène une vie routinière à regarder des séries sur son temps libre avec une bonne bière et voit débarquer le 15 septembre 2010 une femme pas si ordinaire à sa porte : la superbe actrice Scarlett Johansson.

Il a 20 ans, n’a jamais connu l’amour, elle en a 26 et quelque chose de cassé. Pendant 6 jours ils vont s’apprivoiser, apprendre à se connaître et à parler des mots qu’ils n’avaient encore jamais prononcés ou même pensés.

Pourquoi cette histoire interpelle ?

Cette histoire interpelle d’abord par la présence de cette actrice qui est le fantasme commun à beaucoup d’hommes : blonde et pulpeuse. Et souvent, dans la vraie vie, devant ce type de physique, les hommes ne cherchent pas à aller plus loin. Ils ne voient justement que le physique et les fantasmes associés à celui-ci.

« Pourquoi je ne pourrais pas la mettre dans mon lit tout de suite ? A quoi sert un physique comme celui-là s’il n’est pas fait pour être baisé? Elle ne cherche que cela après tout non ? Foutaise la tendresse avec ce physique-là ».

Et si on parle de la même femme avec un 80A en guise de poitrine, un cul plat et les cheveux courts et noirs avec une ligne à la place de la bouche, penseraient-ils les mêmes choses ?

Dans ce roman, on lit ce que vivent les deux personnages : le poids d’un physique qui fait fantasmer tous les hommes et ses conséquences parfois terribles, et l’obnubilation des hommes sur un physique que les médias leur ont appris à désirer, plutôt que sur l’âme et l’esprit et ses conséquences également.

Outre une histoire sur le désir, celle-ci parle surtout d’amour et de ses perditions. Arthur Dreyfuss, bien qu’un homme jeune, est avant tout un homme respectueux, curieux et un peu cabossé par sa propre vie aussi. Cette visite va changer à jamais son rapport aux femmes et à l’amour et pour elle également. On apprend à connaître le passé des personnages et ce qui les a menés à l’existence qu’ils vivent aujourd’hui et au pourquoi de leur rencontre.

Pourquoi on aime cette histoire ?

Car le sujet est trop gros pour être vrai. Vraiment, une actrice hollywoodienne qui vient frapper à la porte d’un garagiste de 20 ans perdu au fin fond de la Normandie ? Et pourtant…

De plus, si on est une femme on se demande quelle est la chose que l’on regarde chez un homme en premier ? Ses épaules, ses mains, ses yeux, ses fesses, son sourire? Ou tout simplement la manière qu’il a de nous regarder… Nous aussi, on regarde. Après tout c’est souvent comme cela que les histoires d’amour commencent : par une attirance physique. Et tous les goûts et les couleurs sont dans la nature et ne sont pas immuables avec le temps. Le type d’homme avec lequel on était à 20 ans ne sera pas forcément le même à 40 ans…

Enfin, ce livre parle de la naissance d’un amour et de la simplicité des choses quand il s’agit de rencontrer le bonheur. On ne tombe pas amoureux d’un physique, on le désire. Mais peut-on désirer une âme sans son physique ? Ce livre pose la question.

Aucun d’entre nous ne pourra dire quel jour, quelle heure il est tombé amoureux d’une personne. Mais c’est un ensemble d’événements et du temps passé ensemble qui amène au constat que l’on est, maintenant, amoureux. Et Arthur et Scarlett vont apprendre à aimer leurs esprits et leurs âmes avant de s’aimer physiquement. Chose qui, j’ai l’impression, à l’époque actuelle, est devenue de plus en plus rare.

Le rythme de ce roman est bon, léger mais aussi profond. Cet écrivain qui à la base est un grand publicitaire sait pour sûr aligner des phrases qui marquent et qui peuvent résonner en vous pendant un bon moment.

Une lecture pour cet été ? Vous me direz.

La premire chose

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