Célibataire et malade: mode d’emploi

Presque trois semaines sans article… Croyez-moi ce n’était pas intentionnel. Un vilain rhume m’est tombé dessus le week-end de Pâques et il ne voulait plus partir. Un rhume ? Seulement un rhume ? Oui seulement un rhume. Ce truc qui s’attrape en période de chaud-froid, qu’on est assez vieille pour le savoir, mais qu’on attrape quand même car le soleil c’est beau même s’il fait froid et que le vent ce n’est rien.

Les symptômes ? Car tout le monde veut des symptômes en période de pandémie : nez bouché et gorge qui gratte en alternance, mal de crâne et envie de dormir tout le temps. Non, non pas de perte de goût ni d’odorat et pas de fièvre. Ma doctoresse m’a dit que mon corps combattait le virus que j’avais par le sommeil. Pas mal, non ? Mais bon envie de dormir H24 malgré les 12-13h de sommeil au préalable c’est usant… !

Alors comment cela se passe pour une célibataire en temps de COVID quand on est malade ?

Déjà aux premiers symptômes on te dit d’aller faire le test. Enfin « on », ce sont surtout les collègues au bureau que tu ne vois plus trop, mais qui passent de temps en temps voir si tu es là ou pas. Je me suis résignée à aller m’acheter un autotest au bout d’une semaine car cela ne passait pas, et vous savez quoi ? Eh bien, il est plus facile de faire pipi sur un bâton pour voir si on a un marmot dans le ventre que de faire ce test ! A ma pause de midi, lundi, j’ai dû relire quatre fois la notice d’utilisation. Pas que je ne s’avais pas qu’il fallait que je me mette ce coton-tige dans le nez et pas ailleurs, mais c’est le nombre de fois qu’il fallait le tourner, la position dans laquelle il fallait le mettre, le nombre de gouttes à déposer sur une plaquette pour être analysées et enfin le temps d’attente pour voir le résultat (15 minutes). Et cette dernière phase est facile, c’est comme avec Clearblue : une barre c’est négatif, deux barres c’est positif. Il était négatif, donc je suis restée au bureau. Mais au bout de deux heures à bâiller devant mon écran et dans l’impossibilité de corriger des courriers en attente, je suis rentrée.

Impossible de me lever le lendemain, donc à 6h55, j’envoie des WhatsApp aux personnes concernées. Incroyable de facilité. Avant je devais appeler, « montrer » au téléphone que je n’étais pas en état de me lever et donner un ordre d’idée de mon retour au bureau. Mais là, cinq messages copiés-collés et c’était plié.

Ma doctoresse étant revenue à 50% de son congé-maternité, j’ai eu droit à une « téléconsultation ». Elle m’a appelé, en fait. C’est pratique et pas pratique. Car elle n’ausculte pas, elle se base juste sur ce qu’on lui dit. Donc j’ai eu droit à une prise de sang dans l’heure qui suivait et un nouveau test PCR, qui lui était plus douloureux que celui que je venais de me faire la veille. En même temps qui a vraiment envie de s’enfoncer jusqu’aux larmes ce coton-tige ??? Résultat de nouveau négatif.

Et chez moi cela se passait comment ? Eh bien, en bonne célibataire déjà pas fan de ménage (mais propre quand même rassurez-vous !) c’était Baghdad, ou Kaboul, au choix. Oui je regarde beaucoup de documentaires sur Arte ces dernier temps, ce Moyen-Orient me passionne. Bref, il y en a de partout, sur toutes les tables, petites et grandes et dans toutes les pièces : des mouchoirs, des médicaments, des assiettes mais surtout des tasses sales. Il faut s’hydrater pour récupérer. Et j’ai de la chance, les tasses, j’en ai à la pelle.

Et pour manger ? Grosses difficultés. Les courses? Non, on va faire avec ce qu’il y a dans le frigo, pas le choix. Il faut manger, mais quoi ? Mais surtout il faut se faire à manger. Je n’ai jamais de plats préparés dans mon frigo, je fais toujours tout moi-même : c’est-à-dire que je coupe, découpe, pèle, mélange et prépare mes plats. Mais là, pas d’énergie. Pas de soupe en sachet, même pas de pain frais. Alors on se rabat sur des pâtes au beurre, des sandwichs au pain de mie et on laisse la vaisselle dans l’évier. D’ailleurs mon évier est trop petit, il déborde très rapidement. Mais au bout de trois jours, il faut la faire, car sinon je ne peux plus manger !

J’ai passé aussi beaucoup de temps devant la télé (j’avais déplié mon canapé) devant laquelle je m’endormais. Il y a aussi ces trucs que je regarde d’ailleurs plus particulièrement quand je suis malade : la série FRIENDS et des dessins-animés, merci le Replay! Je retombe en enfance, adolescence, car c’est cela que je faisais au temps des mes gastros à la maison.

Et puis il y a les amis pour prendre des nouvelles, ou même les collègues (ceux qui ne savaient pas, télétravail oblige). Même si l’une d’entre elles m’a dit : « Tu as de la chance, tu es malade et tu n’as pas d’enfants à gérer ! » Pas de commentaires à ce sujet.

Enfin, il y a eu ce grand moment de réflexion, un matin dans mon lit où j’ai texté mon meilleur ami :

« Dis, toi qui as des enfants et qui me connais depuis longtemps, tu penses que je serai une bonne maman ? »

« Mais qu’est-ce que c’est que cette question et à 9h du matin ? Personne de nos jours n’est préparé à être parent, sache-le. Tout ce qu’il faut c’est de l’amour, beaucoup d’amour.»

Touchée, mais pas coulée. « C’est donc pour ça ! », je me suis dit à ce moment-là. C’est pour cela que l’occasion ne s’était pas encore présentée. Car pour avoir de l’amour à donner, il faut commencer par s’aimer soi-même. La bonne nouvelle, c’est que c’est en cours !

Puis, j’avais presque oublié, il y a eu aussi ce diagnostic : l’os du fémur cassé et surtout trois tumeurs au cerveau, à 72 ans. Une tante, une proche, un des seuls liens affectifs qui me restent. Ne plus pouvoir lui parler au téléphone car elle ne « sait plus parler ». Regarder les différents moyens d’y aller, dans cette France à nouveau confinée. Là y’a pas de doutes, cela vous vide de votre énergie.

Et vous alors, cela donne quoi quand vous êtes malade ?

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