Voyager de nouveau, sous quelles conditions?

Lundi 15 juin 2020 fût un grand jour pour l’Union Européenne. En effet, une grande partie de ses pays a rouvert ses frontières internes. Cette libre circulation dans toute notre région nous était devenue presque naturelle car elle existe maintenant depuis plus de 30 ans. Pour certains, comme moi, nous sommes nés avec. Et tout comme la plupart d’entre nous, avant la crise sanitaire, nous nous déplacions tout le temps, sans trop nous poser de questions d’ailleurs, tout autour de l’Europe, pour un week-end, une semaine, pour rendre visite à des amis ou tout simplement rentrer chez nos parents.

Nous pensions que tout cela était normal, et que rien ne changerait. Les gouvernements nous ont bien montré le contraire. Ils y sont allés chacun avec leurs règles et nous ont enfermé dans les pays où nous vivions (à temps plein) pendant quelques mois. Le seul graal nous permettant de circuler d’un pays à un autre était notre nationalité prouvée d’un passeport.

Ici en Suisse, et typiquement à Genève, le canton ne peut vivre sans ses frontaliers, donc ils étaient autorisés à circuler sous présentation d’un permis de travail. Désormais toutes les frontières sont ouvertes et il n’y a plus de contrôles aux douanes. La Suisse a été un des pays les moins touchés bien que frontalier avec la France, l’Allemagne et l’Italie mais aussi avec l’Autriche et le Liechtenstein. C’est aussi un pays qui a été semi-confiné, et où ses habitants étaient libres de circuler. Mais la Suisse ne fait pas partie de l’Europe, bien qu’elle fasse partie de l’espace Schengen. Sa politique et ses décisions sont donc complètement indépendantes, bien qu’elle doive prendre en compte celles de ses voisins. Ici, le port du masque n’est obligatoire nulle part, et l’accès au lac n’est pas restreint pour le moment. Hier la RTS annonçait 17 nouveaux cas de COVID-19 et aucun décès, mais comme partout ailleurs cela peut encore changer.

Nous sommes donc fin juin, veille des grandes vacances pour les enfants, et de la pause estival pour les adultes. « Les français pourront partir en vacances cet été » avait déclaré le premier ministre français Edouard Philippe au courant du printemps. Cette inquiétude de ne pas pouvoir partir en vacances est typiquement française. Quel soulagement national suite à ce discours ! C’est un constat, pas un jugement… Et pendant ce temps-là, en Finlande par exemple, la première ministre Sanna Marin annonçait à ses concitoyens qu’il était hors de question pour eux de partir en vacances cet été, car il fallait se concentrer à reconstruire le pays, à faire repartir l’économie et à s’entraider. Et enlever ces trois mois de soleil annuels aux finlandais pour travailler, ce n’est pas une mince affaire! Des inquiétudes et des approches donc, un peu différentes…

Ce qui est commun à tous les pays de l’Union par contre, c’est qu’ils ne savent pas encore quand ils rouvriront leurs frontières externes, que les règles post-covid-19 sont différentes dans chaque pays, et qu’ils ont tous une économie à reconstruire donc concernant les vacances, ils demandent à leurs citoyens de ne pas se déplacer très loin.

La bonne nouvelle c’est que nous pourrons nous déplacer, mais à quoi faut-il penser au préalable ? Et bien à trop de choses. A vos crayons, car la liste est longue! Il faudra penser à notre passeport, à notre assurance sur place et ses conditions, aux conditions d’accueil et de retour chez nous, au port du masque, aux activités limitées et annulées, aux réservations obligatoires pour s’assurer d’avoir une place au restaurant, sur une plage, au sein d’un théâtre, d’un concert, d’une visite de musée, de monument etc…. Puis la musique en plein air cet été ne devrait pas être de la partie.

Les vacances, les voyages de loisir, sont des activités durant lesquelles nous sommes sensés nous laisser « vivre ». Une pause méritée, dans nos vies quotidiennes où il ne doit pas y avoir de stress. Ces mesures, bien que cela soit pour notre sécurité, ne sont pas très adaptées à ce concept ou alors il faut être très organisé et aucunement spontané.

Et si cet été, nous faisions les choses différemment ? Le confinement nous a permis de nous arrêter et d’avoir, je l’espère, un œil un peu critique sur nos vies. Et si nos déplacements auparavant avaient un goût de surconsommation ? Si nous nous contentions pour une fois, de ne pas aller chercher ailleurs ce que nous avons déjà, pas très loin de chez nous ? Que le voyage (re)devienne quelque chose d’exceptionnel et par conséquent un véritable plaisir ? Peut-être que nous sauverions par la même occasion, un peu la planète.

Ne vous y trompez pas, le voyage a été pour moi pendant longtemps une véritable raison de vivre. Ceux qui me connaissent le savent, j’ai même eu toute une formation pour faire voyager les autres pendant 3 ans de ma vie et travaillé pendant 7 ans à l’accueil de grands hôtels. Et mon rêve avant mes 35 ans était de faire un mini tour du monde. Cela aurait pu être cette année, mais bon, c’est loupé. Cet été, je ne prends pas de vacances et si je pars pendant un week-end se sera dans la région. En Suisse, la vie a repris son cours presque normalement. 

Voyager est un plus, est un luxe. L’industrie du tourisme a besoin de nous pour pouvoir survivre, mais elle doit aussi s’adapter à toutes les problématiques actuelles et futures pour assurer notre bien-être et celui des prochaines générations. Voyageons moins mais voyageons mieux?

Et vous du coup, pensez-vous à partir cet été ?  Qu’avez-vous prévu ?

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