Gifle économique: première vague

En début de semaine dernière je pensais à différentes idées pour mon prochain article, des choses un peu légères comme une visite de ma région ou bien la promotion d’une culotte menstruelle (pour nous les filles!) mais j’ai été rappelée par la réalité cette semaine et ces articles attendront. Une réalité de « plombs » qui me ramenait chaque soir chez moi complètement lessivée.

En effet, et je le constate depuis quelques semaines, je vis dans une bulle. Depuis la fin de ma quarantaine obligatoire due à mon retour de Finlande, j’ai repris un rythme à 100% au travail, soit depuis le 18 mai 2020. Pas de chômage partiel, pas de télétravail, juste des masques à porter, des mains à laver et des distances à respecter. Au début je trouvais cela très contraignant, mais comme tout, une habitude se prend et maintenant c’est devenu notre réalité de tous les jours.

De plus en Suisse, de l’extérieur, nous vivons normalement. Pas de masque obligatoire dans les transports, aux restaurants pas (ou plus) de distanciation sociale (et les serveurs ne se protègent d’ailleurs pas toujours), et je l’avoue ma seule préoccupation pour ce week-end avait été d’aller prendre mon premier coup de soleil et mon premier bain dans le lac, car la pluie avait enfin cessé. Alors clairement, se sont les préoccupations d’une privilégiée, je le sais. Mais le canton de Genève le permet (pas de restrictions au niveau des plages), et le fait d’avoir un rythme dense et normal au travail me fait reprendre des habitudes que j’ai maintenant depuis des années… Me font évoluer dans une bulle.

Mais quand est-il de la réalité ?

Et bien elle est tout autre et elle fait l’effet d’une gifle pour tant d’autres. Au sein de mon entreprise cette semaine nous avons eu deux démissions et deux licenciements. Presque un chaque jour, à ce rythme-là, c’est bien un ou deux étages de ma boite que l’on pourra bientôt fermer. 10% des effectifs. La contradiction est bien réelle dans mon domaine d’activités : comptabilité, fiscalité, révision des comptes. Les personnes qui ont démissionné ont trouvé mieux ailleurs (oui, oui même en période de post COVID-19) et les personnes licenciées étaient les « moins rentables ». Vague explication, qui pour nous salariés ne faisait aucun sens car nous nous attendions à des licenciements, mais pas à « ceux-là ». Des personnes qui auront du mal à retrouver du travail, de par leurs âges et de leur ancienneté au sein de la boite. Logiques stratégique et capitaliste obligent.

D’ordre général, les entreprises licencient maintenant, avant la fin du mois de juin. Elles ont jusqu’à mardi pour le faire afin de ne plus payer « de salaires inutiles » au-delà du mois d’août. Puis après la pause estivale, il y aura peut-être une deuxième vague de licenciements. Elle sera fort probable si nous avons une deuxième vague de COVID-19. Je précise que nous sommes en Suisse, que les salariés ne sont pas protégés comme en France, mais qu’au contraire des Etats-Unis, nous avons le filet de sécurité de la Confédération qui nous permet de vivre décemment pendant un certain temps.

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Et dans les autres secteurs cela se passe comment ?

Et bien, beaucoup sont encore en télétravail et chômage partiel. En hôtellerie et restauration, des portes ne se rouvriront plus. Ici on parle qu’un tiers d’entre eux fera faillite d’ici la fin de l’année, et les salaires seront à la baisse (si ce n’est pas déjà le cas). Ce qui me sidère en revanche, c’est que certains secteurs payeront une partie de leurs employés plein pot, mais ne reprendront pas d’activité avant la fin de l’année ou début d’année 2021. On découvre par la même occasion, que certains touchent des salaires considérables pour pas ou peu d’activité, on en vient à se demander de la réelle utilité de leurs postes. A moins que les entreprises aient tellement de liquidités qu’elles peuvent se le permettre, et là je pense à naturellement aux banques et autres entreprises financières. Secteur essentiel et central à Genève…

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Les gouvernements parlent de débloquer des milliards pour sauver l’économie. En y réfléchissant un peu plus, ces milliards, ils les sortent d’où ? Si nos gouvernements parlaient d’endettement, de chômage élevé et de croissance faible, avant la crise sanitaire alors les milliards proviendraient de qui ? Et bien de nous ! Des impôts, des cotisations sociales des salariés etc… En Europe nous ne vivons pas à crédit, ou du moins dans une toute autre mesure que le reste du monde, donc je ne vois que cette solution pour aider à « sauver l’économie ». Et c’est là où notre système fait mal, quand certaines grosses entreprises parlent de ne pas verser de dividendes à leurs actionnaires cette année, d’autres comme les banques, ne font pas partie de ces dernières et verseront des dividendes à leurs actionnaires. Alors, qui dirige le monde? Dois-je commenter sur ceci ? 

Et la véritable pauvreté dans tout cela ?

queue-869258_960_720Et bien elle commence à sortir de sa cachette. Les queues aux banques alimentaires en Suisse se font de plus en plus longues, comme partout ailleurs. En Espagne, en France comme ailleurs en Europe, les intérimaires et chômeurs en fin de droits sont les plus touchés. Peu, pas ou plus de droits au chômage et aucune visibilité pour l’avenir. Ils vivent au jour le jour avec les mêmes charges de l’avant confinement. Les avis d’expulsions seront-ils alors suspendus ?

Ailleurs dans le monde, confinement rime avec faim et perte de logement. Une manière de mourir à petit feu si l’on ne travaille pas. Le travail c’est cela à la base, il nous permet de manger et de mettre un toit sur nos têtes. De vivre en somme. Une deuxième vague de contamination en Europe n’y coupera pas, alors que choisiront les gouvernements ? Pas de re-confinement je devine, se sera alors la santé contre l’économie. 

Le monde d’après n’est peut-être pas encore sur le point d’exister, du moins comme nous l’espérions probablement tous il y a encore quelques semaines. Aurons-nous les moyens de nous battre pour que les choses prennent une autre direction?

En attendant de voir ce qui nous attend, chers lecteurs, chères lectrices, à votre épargne !

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