Les symptômes de l’expat’

Expat’ ou expatrié, ce mot ne fait-il pas rêver ? Cet être qu’on imagine un peu aventurier (mais loin d’être roots) qui ne vit plus dans son pays d’origine et qui n’est ni qualifié d’immigré ou de réfugié.

Même si l’expatriation a plusieurs sens (dont celui d’avoir été chassé de son pays d’origine), être expat’ c’est être au top de l’immigration dans le langage populaire. Car si l’immigré ne sait pas trop où il va mettre les pieds, l’expatrié a toutes les données en main avant même son arrivée. Tout lui est organisé : le travail, l’appartement, les comptes en banque etc.…Une machine plus ou moins bien huilée. Il reste souvent quelques années, trois ou quatre, et après il repart pour une autre destination.

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Mais il arrive que l’expat’ reste et s’installe. Alors à partir de combien d’années peut-on se considérer comme citoyen du lieu où l’on s’est établi? Cinq, dix, quinze ans ? Ou bien jamais ?

Quand j’ai posé mes valises en Suisse il y a plus de cinq ans maintenant, je ne m’attendais pas à rester aussi longtemps. Il y a quelques semaines, après avoir fait une demande de renouvellement de mon permis de travail, j’ai reçu le permis de catégorie « supérieure », un permis d’autorisation d’établissement à durée indéterminée… Et là je me suis quand même posée la question : où je serai dans les cinq années à venir ?  C’était indéterminé. Mais ce qui est sûr c’est que je souhaite rester là où je suis maintenant et ne pas vouloir en partir pour le moment.

En cinq ans, j’ai vu du monde défiler et il est intéressant de voir que nous avons tous (eu) les mêmes symptômes.

Avoir la bougeotte

Etre expatrié cela veut dire que l’on est loin (de sa famille, de ses amis) et on ne sait pas forcément pour combien de temps. Au début et puis même par la suite il y a deux cas de figures : ceux qui veulent découvrir où ils vont vivre et ceux, qui dès qu’ils ont l’occasion airport-2373727_1280de rentrer dans leurs pays d’origine, le font.

Ensuite, suivant les moyens accordés et l’envie de voyager (en général, quand on est expat’, on adoooore voyager), on passe son temps à se balader : week-ends, vacances, excursions et (mais) pas forcément dans le pays où l’on vit. Notre statut nous donne les moyens de le faire, alors pourquoi ne pas en profiter ?

La recherche de liens

En tant qu’expat’, on souhaite souvent reproduire ce que l’on a quitté, et vite. Et mon seul conseil pour tout futur expatrié serait de ne pas se précipiter. Alors oui, tout est excitant et nouveau mais surtout, rappelez-vous que les premiers temps vous êtes seul(e) et que c’est NORMAL. Et lorsqu’on débarque dans un endroit que l’on ne connait pas, on nefriends-3408314__340 choisit pas vraiment les première personnes que l’on va rencontrer et on est souvent attiré par celles de la même nationalité que nous : collègues, coloc, futur-ex. Et on s’y accroche. Et souvent on se retrouve qu’entre expatriés (notamment dans les pays en développement). Mais sans être locaux, vos nouveaux amis seront de multiples nationalités et vous garantiront quelques moments mémorables.

La mauvaise nouvelle c’est que ces premières rencontres ne seront généralement pas les bonnes… Alors je ne dis pas non plus de faire l’insociable et de rester seul(e) les premiers temps de l’expatriation, mais juste d’avoir une certaine distance avec les personnes rencontrées et vous demander si vous étiez chez vous (votre pays d’origine), seriez-vous véritablement devenus amis (ou même amants) ?

C’est loin d’être facile, mais le temps sera votre meilleur allié et vous évitera de nombreuses déceptions.

La prise de conscience du temps

Au final tout est une question de temps. On court après le temps, de peur d’en manquer. Et si on en a trop, cela peut nous angoisser car on a l’impression de ne pas rentabiliser son expérience à l’étranger. Mais pourquoi sortons-nous tous les week-ends et plusieurs fois par semaine ? Pourquoi allons-nous à ces soirées d’expat’ si souvent superficielles ? Et bien pour occuper notre temps. Et si vous avez un peu de chance, vous trouverez des clock-1392328__340gens avec qui vous aurez des choses en commun, et peut être que ceux-là resteront un peu dans votre vie… Car ce n’est pas dans ces soirées que vous rencontrerez des locaux avec qui l’on construit du durable.

On apprend avec le temps que celui-ci est précieux. Qu’on ne veut pas le gâcher. Que les meilleures choses dans la vie comme les relations amicales et amoureuses prennent du temps. Nouer des liens durables, créer une intimité profonde avec quelqu’un demande des jours, des semaines, des mois voire des années, chose que l’expatrié a tendance à oublier.

S’expatrier est une réelle opportunité dans une vie. On a tendance à vivre les événements et les rencontres d’une manière plus intense car l’on est loin de nos proches, de nos repères et cela nous oblige à nous retrouver également face à nous-mêmes. L’expérience peut être courte ou prolongée, comme la mienne, et dans ce dernier cas on désire se sentir intégré, car ce n’est pas une simple expérience que l’on a entrepris, mais la construction d’une vie.

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