La culpabilité (féminine?)

Ces six derniers mois j’ai connu un certain nombre de déceptions provenant du cercle familial, professionnel, amoureux et amical. Un joli combo qui m’a fait arriver en 2019 un peu sous-tensions. J’ai en effet combiné tous les domaines : à croire qu’ils s’étaient tous donnés le mot. Mais non, car ces événements n’étaient pas liés entre eux, ni dirigés contre moi directement, mais les dommages collatéraux je les ai bien vécus. Dans toutes ces affaires, j’ai agi comme ma conscience et mon cœur me le dictaient et pourtant j’ai ressenti colère, tristesse et culpabilité pendant un bon moment.

En discutant dernièrement avec ma meilleure amie (qui me remet toujours les idées en place), je me suis aperçue que nous, les femmes, quand on nous faisait du mal, on avait tendance à se sentir coupable et des fois, plus que le ou la véritable coupable de l’histoire. Et je parle de notre culpabilité face aux femmes et hommes confondus : je ne suis pas dans un discours féministe mais plutôt dans un constat d’ordre général.

Que le ou la coupable n’ait pas de sentiment de culpabilité, soit, mais sans se poser comme une victime des événements, pourquoi nous sentons-nous coupable ? Pourquoi prenons-nous cette charge de responsabilité et ne lâchons-nous pas prise sur ces événements plus rapidement ? On gagnerait du temps et de l’énergie, non ?

Le questionnement de la responsabilité

La colère est la première émotion qui sort, après les quelques minutes passées à être en état de choc. La colère contre la personne d’abord et puis contre soi-même, ensuite. Puis le méli-mélo de questions sans réponses s’enchaîne agréablement sans filtre, dans nos têtes : Pourquoi est-ce arrivé ? Pourquoi ai-je fait confiance ? Pourquoi il ou elle a agi de la sorte ? Pourquoi ne m’a-t-on rien dit ? Et si j’avais dit/agit/promis.… Est-ce que…? Si on a la chance de confronter la personne sur le mal qu’elle a provoqué, la colère se dirige alors vers la bonne personne. Mais cela n’empêche pas que l’on s’en prenne à soi-même par la suite. Moi la première. J’ai toujours pensé que nous étions les responsables de ce qui nous arrivaient, qu’il n’y avait pas de hasard. Mais ne pouvant prédire l’avenir pour chacun de mes actes, aujourd’hui je suis dans l’obligation d’affirmer que si on a pensé faire tout ce qu’il fallait, que l’on a agi en accord avec ses valeurs et surtout avec son cœur, la responsabilité change de camps. C’est l’autre qui devient responsable, responsable de faire du mal consciemment ou inconsciemment, responsable de ne pas savoir nous respecter, nous apprécier, nous aimer comme on le mérite. Car il ou elle ne sait pas le faire pour lui ou elle-même et devient alors le responsable du jeu (auto)destructeur qu’il ou elle nous mène. Alors se rendre coupable pour cela ? Hors de question ! Alors arrêtons de nous culpabiliser!

Parler pour évacuer

Après une trahison, on agit tous différemment. Plus jeune, on veut se venger, faire payer l’autre, une manière, on pense, de pouvoir se sentir mieux pendant quelques temps, mais cela ne réparera en aucun cas la souffrance qui s’est insérée dans notre tête, dans notre cœur. La meilleure solution, c’est de partir de la situation et surtout d’en parler. Parler d’abord avec ceux qui nous ont fait souffrir pour mettre des réponses sur nos « Pourquoi? », pour ensuite parler à un ou une proche. Ne surtout pas parler à la terre entière, pour être en recherche de sympathie : le problème ne les concerne pas. Les personnes qui nous veulent vraiment du bien, qui nous aideront et qui sont présentes à chaque étape de notre vie se comptent sur les doigts d’une main. Et si le choc, l’injustice, nous empêche de respirer, de nous lever de notre lit ou nous met dans un état d’angoisses permanent, il faut aller parler à un professionnel. Aucune honte à cela. A chacun sa méthode, que cela soit un psychologue, un sophrologue, un hypno-thérapeute. Notre vie ne s’arrête pas à cet événement, on doit apprendre à le digérer et des fois on a juste besoin d’un coup de main extérieur pour nous aider à avancer. Ne pas le faire, serait provoquer un effet boomerang puissance mille plus tard. Tout cela, est bien sûr plus facile à dire qu’à faire…

(Re) faire confiance

Et après avoir porté la culpabilité en nous pendant un certain temps, il y a un moment donné où il va falloir réapprendre à faire confiance à l’autre et/ou aux nouvelles personnes dans notre vie. Cela commence par se refaire confiance à soi-même, c’est la priorité. Pardonner, lâcher prise, font partie du processus et c’est pour notre bien-être avant tout. Si on doute de soi, on doutera de l’autre. Si on ne s’aime pas assez, on ne pourra pas aimer un(e) autre. Et pour se comprendre et se reconquérir, il faut passer du temps seule. C’est le temps de l’introspection. Se reconstruire physiquement. Se reconstruire mentalement. Se reconstruire son empire. Sinon on prend le risque de refaire les mêmes erreurs continuellement.

Se culpabiliser sans raison n’est pas bon. Se questionner l’est, mais pas indéfiniment. Ce sentiment n’est pas seulement réservé aux femmes, mais aussi aux hommes. Peut-être que nous en parlons plus, tout simplement. Mais une chose est sûre, un mauvais traitement physique ou psychologique, des infidélités, des mensonges à répétition, des jeux de pouvoir malveillants, ne sont pas de notre faute. Ce sont les acteurs de ces jeux-là qui sont fautifs et donc coupables. Alors évacuons la culpabilité, prenons de la distance sur ces événements douloureux et laissons le temps agir pour guérir et pour pouvoir repartir vers de nouvelles aventures

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