Le Covid n’est plus à la mode

Ces trois dernières semaines ont été plus que mouvementées. Dans le monde oui, je vous l’accorde, mais je fais référence ici à seulement ma petite vie personnelle…

J’ai voulu anticiper l’activité inhabituelle que j’allais avoir à la maison en préparant des articles en avance, mais sans succès. J’ai eu de la visite en continue pendant deux semaines, ce qui m’a permis de recharger les batteries amicales, car certaines je ne les avais pas vues depuis 2019 ! Après le départ du dernier mardi de la semaine passée et me sentant un peu fébrile, je suis allée me faire tester mercredi pour un résultat : positif ! Je précise donc, au cas où ce n’était pas clair, je me suis fait tester au COVID… Je sais, c’est tellement 2020-2021 ! Mais vous commencez à me connaître, je ne suis pas vraiment une fille à la mode… J’ai toujours un train ou deux de retard…

« Enfin ! » j’ai voulu dire au bel infirmier qui m’a rentré le fameux coton tige dans le nez, mais je me suis abstenue.  Lui dire que cela faisait presque deux ans que je passais entre les gouttes, et qu’enfin j’allais être comme tout le monde aurait été malvenu.

Ma première pensée fut pour le travail, ce n’était clairement pas le moment de tomber malade avec tout le retard accumulé et l’événement de fin mars à organiser. Mais soit, mon corps était plus fort, et les restrictions pour les malades étaient/sont toujours d’actualité en Suisse. J’allais devoir m’arrêter.

Après avoir passé un test PCR pour confirmer mon diagnostic, j’ai appelé mon responsable qui m’a demandé comment je me sentais et si j’allais être en mesure de travailler. C’était malheureusement un peu mal me connaître. Je ne le blâme pas car on ne travaille pas depuis longtemps ensemble, mais en effet, si je suis allée faire un test c’est que clairement je ne me sentais pas bien du tout et que je n’allais pas être en mesure de travailler. Ce simple test devait justifier de mon état, alors que je n’avais vu aucun médecin… Mais c’est comme cela que cela se passe dans le monde d’aujourd’hui, non ? Et je ne faisais pas semblant. Je ne sais pas mentir et ce n’est pas maintenant que j’allais commencer.

Arrivée à la maison, j’ai appelé ceux que je devais prévenir (à défaut qu’ils m’appellent pour prendre de mes nouvelles), envoyé quelques messages, j’ai mangé, j’ai ouvert mon canapé et je me suis endormie. Au réveil, j’avais mal au crâne et j’ai sorti l’artillerie lourde au niveau des médicaments. A ce propos, personne ne m’a dit ce que je devais prendre ni à quelle fréquence, bizarre, non? Puis j’ai pensé prendre ma température, chose que je ne fais jamais, car je n’ai jamais de température. Comment vous la prenez, vous, la température d’ailleurs ? Car via la bouche, les aisselles ou les fesses, la température n’est pas la même… Je ne savais même plus à partir de combien je devais me considérer comme fiévreuse. Mais le 38,5° qui s’est affiché après quelques secondes ne m’a pas trop fait longtemps hésiter.

En cette fin de journée de mercredi, j’ai reçu le résultat de mon test PCR qui était positif et des sms et des emails. Pleins d’emails. Emails du médecin cantonal me donnant déjà mon certificat de guérison au 12 mars 2022 (les médecins prédisent l’avenir maintenant!), des instructions pour ma quarantaine, un formulaire à remplir en ligne etc. Une organisation militaire. J’étais devenue un poids administratif lourd.

Vers 20h30 de la même soirée, un médecin m’appelle pour évaluer ma situation. De cet appel je retiendrai que la quarantaine de cinq jours a été comptée à partir de deux jours avant le test – selon eux au début des symptômes, qui n’étaient alors qu’un mal de gorge – et non le jour du test, c’est-à-dire le jour même. Deux jours et demi de quarantaine où j’étais allée au restaurant, j’avais fait des courses, pris les transports et passé du temps au travail…. Je trouve les nouveaux concepts de quarantaine d’aujourd’hui surprenants, pas vous ? Puis vint la question : « Et le moral, comment il va ? » eh bien vu que cela ne faisait que 5h que j’étais rentrée chez moi, le moral était plutôt bon, enfin, comme celui d’une malade. Enfin, avant de raccrocher, la question du vaccin vint en dernier. Moi, naïvement j’avais pensé que cela aurait dû être une des premières interrogations.

Se sont suivis trois jours de fièvre et de dodo non-stop entre mon salon et ma chambre entre une soupe chinoise et deux compotes. Cependant, vendredi après-midi j’ai reçu un appel pour me dire que ma quarantaine était terminée et que je pouvais sortir… Ils sont drôles, non ? Il y a deux ans, les quarantaines et les symptômes duraient 15 jours, puis 10, puis 5, et moi j’avais droit seulement à 48h. Heureusement que le week-end suivait, pensez-vous, car pas de paperasse à faire pour les week-ends. Mais il n’était pas normal pour eux que je sois encore fiévreuse… Il allait falloir que j’appelle lundi mon médecin si les symptômes persistaient car ils ne pouvaient me délivrer un autre arrêt. « L’appeler » pas « y aller ». La maladie se règle désormais en ligne. Mais je comprends, en un sens, les médecins ont autre chose à faire désormais.

C’est marrant comme dans ces échanges, tout était une question de papiers, de droits et devoirs, d’amende, de catégorie de symptômes, du métier que je faisais et de ma date potentielle de retour au travail… J’ai adoré que mon corps soit pris en charge de cette manière là et me sentir coupable d’être malade. N’oublions pas que nous avons une économie à faire tourner et que l’économie se doit de tourner maintenant que nous sommes passés à une future potentielle troisième guerre mondiale.

Donc oui le Covid n’est plus à la mode. Lorsqu’on lit désormais les journaux, allume la télé ou parlons entre amis, c’est la guerre russo-ukrainienne qui est sur toutes les lèvres et qui attise les débats. Je ne vous cache pas que dès le premier jour des bombardements, j’ai eu peur. Peur d’abord pour la Finlande, mon pays de cœur et de sang, mais aussi pour les prochaines transformations de notre monde.

Nous sommes passés d’une peur à une autre, c’est comme cela que les masses sont manipulées et c’est comme cela que les moments les plus horribles de notre récente Histoire ont été créés. L’Histoire m’a toujours fascinée. Et dans quelques années je serai curieuse de voir comment les livres d’Histoire expliqueront comment Poutine a vaincu en une semaine et à lui seul: le Covid, le changement climatique, la pollution des océans, les talibans en Afghanistan, la guerre au Yémen, la dictature au Venezuela, les migrants en Europe et aux Etats-Unis (hors ukrainiens), les guerres en Afrique subsaharienne…

En attendant de me remettre complètement, l’isolement et la disparition de la fièvre m’ont fait reprendre la plume, mon activité créative qui me permet à ma façon de ne pas avoir peur puis de résister (pour exister).

Un commentaire sur “Le Covid n’est plus à la mode

  1. « Et dans quelques années je serai curieuse de voir comment les livres d’Histoire expliqueront comment Poutine a vaincu en une semaine et à lui seul: le Covid, le changement climatique, la pollution des océans, les talibans en Afghanistan, la guerre au Yémen, la dictature au Venezuela, les migrants en Europe et aux Etats-Unis (hors ukrainiens), les guerres en Afrique subsaharienne… »
    J’ai trouvé ça tellement bien dit!
    Le Covid, qui ne l’a pas eu? C’est la grande question!
    En France à part l’assurance maladie qui appelle (et même pas pour les enfants!), pas vraiment de suivi médical. Mais bon c’est passé!
    Heureuse que l’élan créatif soit de retour – ça fait toujours du bien de se sentir mieux!

    Aimé par 1 personne

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