La part de l’homme, de Kari Hotakainen

Je dis souvent qu’il n’y a pas de hasard dans la vie, que tout arrive bien pour une raison même si cette raison on n’arrive pas forcément à l’expliquer tout de suite. C’était un peu le cas pour ce roman…

En regardant une émission populaire à la télévision finlandaise, ma tante m’expliqua qu’elle adorait l’un des chroniqueurs pour son humour et qu’il était écrivain. « Il s’appelle comment ? » lui demandais-je. « Kari Hotakainen ! » me répondit-elle. Tiens, tiens, justement dans ma valise j’avais pris à lire un roman trouvé dans une brocante de ce Monsieur Kari Hotakainen qui s’appelle « La part de l’homme ». Je me mis donc de suite à le lire.

Comme vous le savez déjà peut-être, j’essaye de varier un maximum ces derniers temps mes lectures, mais ce que je préfère au fond ce sont les récits de vies. Les récits parlant de nous, de nos vérités et émotions cachés du grand public, ou du simple public que peut être nos amis, notre famille et nos collègues. Peu de gens au final savent qui nous sommes vraiment, ce que nous voulons dans la vie, et inversement, nous ne laissons paraître notre vérité qu’à peu de gens autour de nous.

La part de l’homme est une mauvaise traduction car c’est une réduction de l’humanité à sa moitié, sauf si bien sûr nous prenons ce terme « homme » comme une généralité de l’humanité. « Ihmisen osa » est le vrai titre et je pourrais le traduire par « Une partie de l’humain » qui reflète tout à fait ce que contient cet ouvrage : la part d’humanité de quelques hommes et de quelques femmes de notre époque.

De quoi cela parle ?

Salme Malmikunnas est une femme à la retraite qui lors d’une foire aux livres rencontre un écrivain en mal d’inspiration qui lui propose un contrat : le récit de sa vie contre 7’000 euros. Salme, ancienne propriétaire et commerçante d’une mercerie, mariée à Paavo et ayant eu quatre enfants, cède à l’offre de l’écrivain à une seule condition : celle d’écrire la stricte vérité. L’argent ne sera pas pour elle, mais pour sa fille aînée (et on découvre les raisons seulement à la fin du roman…). Elle décide également de ne pas parler à son mari de ce contrat, car elle considère cette opportunité comme une affaire très personnelle. Alors commence une série de rencontres avec l’écrivain durant lesquelles elle raconte sa vie, pas forcément dans l’ordre, et dépeint sa carrière de mercière, son mari devenu mutique suite à une catastrophe familiale, ses enfants, ses bonheurs, ses échecs…

Pourquoi cette histoire interpelle ?

Qui veut connaître la culture finlandaise de l’intérieur pourra avoir un vif aperçu à travers ce roman qui relate le quotidien d’un couple sous fond de description socio-économique de ce pays dont on parle si peu à part en bienfaits. On découvre le racisme ordinaire d’un pays qui n’a pas l’habitude d’accueillir des étrangers « car une génération avait consacré sa jeunesse à la guerre et que la suivante l’a passé à s’en remettre » ; l’importance des petites choses qui permettent de surpasser les tragédies de la vie, les raisons du mutisme de cette population dans les relations quotidiennes et des mutations sociétales qu’elle a subies en l’espace d’une génération. Comme ne plus vendre des choses palpables, mais des idées et des concepts. Mais aussi la communication enfants-parents (et ses mensonges) et l’importance de la construction du lien familial. L’auteur interroge ses personnages sur les liens entre richesse et liberté. L’un n’allant pas forcément sans l’autre, et n’amenant pas forcément le bonheur… Comment en sommes-nous arrivés là ?

Pourquoi on aime cette histoire ?

Parce que l’écriture est drôle. Certes, certains termes m’étaient complètement inconnus de la langue française, mais peu importe, ce roman est truffé d’humour, bien qu’il soit noir. On aime aussi cette histoire parce que nous savons que tout roman possède sa part d’imagination et de vérité. L’auteur et l’histoire-même en parlent tout au long du récit : la notion de vérité. Quelle est la vraie vérité ? Celle de qui ? De quel point de vue ? De l’auteur, du narrateur ou du lecteur ? La vérité est-elle vraiment toujours la plus « convenable » des solutions ? D’où l’importance des mots. De chaque mot. Certaines situations sont tellement loufoques qu’on se demande parfois si c’est la véritable folie de l’homme ou si ce se sont simplement des moments sortis de l’imagination de l’auteur. Bon, et puis je ne vous cache pas qu’avoir une base de culture finlandaise aide à apprécier ce roman encore plus. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas autant ri à haute voix pendant la lecture d’un roman…

Bonne lecture et à très bientôt :)!

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