Deuxième vague (tsunami?): inquiétude

A la base je ne voulais pas écrire sur cette deuxième vague qui est en train de nous submerger car nous n’entendons que cela depuis une semaine dans tout média qui se respecte et se respecte moins. Et même si actuellement la Suisse fait office d’exception en Europe en ayant pris la décision de ne pas confiner malgré les courbes des cas et d’hospitalisations qui s’envolent, je me suis réveillée ce matin avec un sentiment d’inquiétude, d’inquiétude globale.

Inquiète pour ma seule petite personne ? Non pas vraiment. J’ai un nouveau toit, un salaire qui tombe tous les mois et de la nourriture dans le frigo, je touche du bois ! Mais oui, je me sens bloquée par cette pandémie pour de nombreux aspects dans ma vie, tant au niveau privé que professionnel. Mais ma situation actuelle ne représente même pas une goutte d’eau dans l’océan qui est entrain de nous submerger.

L’humanité a connu des pandémies durant toute son existence. Pandémies durant lesquelles les plus pauvres, les plus faibles, les plus âgés et les minorités sont décédés. Nous nous en sommes sortis, car nous sommes là aujourd’hui. Oui mais à quel prix ? Car rien de nouveau donc dans ce que constitue la pandémie actuelle, sauf la médiatisation de cette dernière. Médiatisation à outrance avec tout ce qui contient de théories du complot véhiculées sur les réseaux sociaux ou même par certains chefs d’Etats eux-mêmes.

Avons-nous été suffisamment éduqués aux médias pour faire la part des choses afin d’avoir une vision objective de la situation ? Nous, jeunes adultes et moins jeunes adultes ? Puis les enfants, adolescents, étudiants qui sont maintenant nés avec un smartphone dans les mains ? Nous qui nous faisons attaquer dès le matin par les informations et qui nous suivent souvent jusque dans notre lit le soir…

Savons-nous décrypter correctement ce que nous voyons, lisons à longueur de journée ? Cherchons-nous à savoir d’où provient l’information, de quelle source ? Dans quel but ? Savons-nous qui sont derrière ces écrans ? Ou du moins sur quels types d’algorithmes surfons-nous pour que Google, Facebook, Insta, Twitter etc nous montrent ce que nous cherchons ? Valident nos idées ? Nous poussent à acheter, voter, penser, agir ? Car ce ne sont plus des hommes derrière nos écrans, mais bien des machines sophistiquées qui nous montrent désormais des résultats différents pour une même recherche selon notre sexe, âge, valeurs, et le plus important, selon où nous vivons sur cette planète. Effrayant, car nous sommes presque tous devenus dépendants.

Orson Wells lors de la diffusion du 30 octobre 1938 sur CBS

J’ai eu une discussion avec une amie par rapport à ce sujet la semaine passée et cela m’a fait penser à un cours sur les médias que j’ai suivi durant ma première et unique année d’Université en Communication. Le prof nous expliquait l’anecdote d’Orson Wells, grand orateur, qui lors d’une diffusion à la radio sur CBS aux Etats-Unis le 30 octobre 1938, lisait des extraits de la « Guerre des Mondes », soit une invasion d’extraterrestres, qui avait provoqué un vent de panique chez les américains entre émeutes, fuites et même suicides. Faire croire ce que l’on veut à des millions de gens par la seule force de la parole et par un seul et même outil de diffusion. Et c’est là, que le premier média de masse a fait son entrée dans l’humanité.

Aujourd’hui nous n’en avons pas qu’un, mais plusieurs moyens de diffusion et y’a de quoi s’y perdre. L’influence est telle aujourd’hui, que des personnes incompétentes mais surtout dangereuses ont été élues démocratiquement à la tête de grandes puissances du monde. Je pense ici à Trump aux Etats-Unis, ou encore à Bolsonaro au Brésil. Je prends ici un raccourci mais cela rappelle un peu l’élection démocratique d’Hitler en Allemagne en 1933, sa force oratoire, les débuts de la radio de masse, en plein marasme économique, avec une population allemande en colère qui avait faim et qui avait peu ou plus de ressources. Est-ce que c’est ce qui nous attend de nouveau ? N’apprenons-nous rien de nos livres d’Histoire ?

Le COVID n’est pas tendre, et ce que nous sommes en train d’en faire le sera encore moins. Mais en même temps, qui a les clés pour nous sortir de cette situation complètement inédite sans trop faire de dégâts ? Qui a une boule de cristal pour nous dire que pour nous en sortir il faut privilégier l’humain à l’économie ou l’économie à l’humain ? Qui tiendrons-nous pour responsables ? Car nous cherchons toujours des responsables à nos maux…

Mais concrètement, maintenant ? Nous savons que le confinement de ce printemps à mis à terre des millions de gens. Les personnes proches de la pauvreté ont basculé dans l’extrême pauvreté et ceux qui ont pu tenir la tête hors de l’eau vont devoir la remettre dedans mais pour combien de temps ? Seules les grosses machines se gavent à loisir au bénéfice d’une minorité. Qu’engendrent les inégalités, le chômage, la pauvreté, la faim ? Et bien la division, la dépression, la violence, et même la mort.

Sans partir dans des théories anthropologiques, l’homme et la femme sont des êtres sociaux. Nous ne sommes pas faits pour vivre seuls, nous avons besoin des autres, nous sommes dépendants des uns des autres. Et pourtant, nos superbes nouvelles technologies, nos échanges à outrance sans limites font qu’aujourd’hui nous sommes plus isolés des uns des autres que nous ne l’avons jamais été. Si ce COVID était arrivé il y a 30 ans, aurions-nous subi les mêmes décisions avec leurs conséquences ?

Oui le COVID se rapproche, nous avons sûrement tous quelqu’un dans notre entourage qui l’a chopé et dans mon cas ils sont nombreux. Mais nous devons ne pas avoir peur.

Pourquoi ? Car la peur nous divise et nous pousse vers les extrêmes.

Comment ? En vivant dans le présent. En nous concentrant sur la journée que nous allons passer, sur nos proches que nous allons voir ou contacter, en prenant soin de nous et des autres. En bien sûr en limitant nos accès aux médias.

Nous ne savons pas comment nous passerons la deuxième vague. Mais nous la passerons même si elle devient un tsunami. Nous la dépasserons ensemble, car nous sommes au final tous connectés.

Prenez soin de vous et à bientôt !

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