Voyager en solo, au féminin

Il y a maintenant plus de 10 ans en arrière, j’avais décidé de vendre toutes mes affaires et de tenter l’Australie, seule. Soit on me disait que j’étais « folle », soit on me disait que j’avais de la « chance ». C’était peut-être un peu des deux. 10 ans plus tard, la vie me prouve de nouveau qu’elle est courte et qu’on ne sait pas de quoi sera fait demain, et le même type de projet me revient à l’esprit… Je pense que ce virus fait partie de mes gênes!

Sortie plus qu’indemne de mon périple australien, j’aime toujours partir seule et loin, quand le temps et les moyens me le permettent. Et je sais que je ne suis pas la seule dans ce cas-là, mais pourquoi cette envie ? Et je dirai même, ce besoin ?

Nos libertés

Quand on part seule, on décide de tout, toute seule. Des visites, des hébergements, des transports… Que l’on se fasse un programme ou pas, c’est de notre propre responsabilité de voir ou de ne pas voir du pays, de lézarder sur une plage pendant une semaine ou d’enchaîner les visites culturelles.

Cela va de même avec les rencontres. Car au final, on part seule, mais on ne l’est jamais vraiment.  On rencontre toujours quelqu’un à un moment donné, que cela soit dans une auberge de jeunesse, sur une terrasse de café, lors d’une visite ou encore même dans un bus qui vous emmène à Tombouctou (bon clairement, le Mali, il ne faut pas y aller en ce moment…). Il y aura toujours une occasion. Mais il est de notre pouvoir de faire perdurer la rencontre ou de la terminer une fois le moment passé.

Célibataire, il peut être facile de ne plus l’être pour une nuit, quelques jours ou quelques semaines, car une fois seule, on se surprend à pouvoir se permettre plus qu’à l’ordinaire (aventureuse oui, mais pas téméraire quand même).

Concernant la volonté de notre estomac, là aussi on est libre de toute contrainte. On mange lorsque l’on a faim et pas vraiment à heures fixes, on choisit ou pas de grignoter ou d’aller s’asseoir au restaurant pour s’offrir un bon déjeuner ou un bon dîner.

Au final on s’écoute. On va vers ce que l’on veut vraiment à un instant T, personne n’est là pour nous en empêcher et ça c’est la véritable liberté.

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Nos limites

Mais voyager seule c’est aussi se (re)trouver face à soi-même, et bien souvent face à nos limites. Ne surtout pas croire que s’expatrier à 10 000 km pour deux semaines ou pour deux ans nous fera oublier ce que nous sommes vraiment ou ce que nous avons dans nos têtes. Bien au contraire, car la distance exacerbe. Cela permet donc de faire le point sur soi-même (et les autres). Et pour que cela fonctionne vraiment, il est préférable de se déconnecter un moment des emails du boulot et de ses réseaux sociaux.

Suivant les destinations, nos habitudes peuvent être mises à rude épreuve. Non il n’y a pas de transports publics, ces 5 km pour rejoindre la ville, il faudra les faire à pied ou en stop. Oui il faudra attendre 4h00 le prochain bus pour la prochaine ville et non il n’y a Image2pas de WIFI ou de réseau 4G. Non l’eau n’est pas potable, il faut acheter et prévoir de l’eau tous les jours. Oui il y a une douche, mais ni eau chaude ni pression. Oui il fait 45 degrés, et ce tout au long de la journée, et pas de clim à des kilomètres à la ronde. Oui on peut manger, mais il n’y a pas de couverts, il faudra y aller avec les doigts… Et là encore, on se surprend à vivre des moments que l’on n’avait jamais imaginés, à jouer avec nos limites. A galérer peut-être, à en ressortir fière sûrement, mais surtout à raconter ces moments-là à notre retour chez nous. C’est l’imprévu qui reste intéressent.

Notre condition féminine

En Europe, la condition des femmes n’est pas toujours facile. Quand on en sort, c’est loin d’être forcément mieux et on doit d’autant plus se renseigner sur les conditions de vie de celles-ci sur la destination choisie.

Et non, on ne pourra pas forcément sortir tard le soir ou loin de son hébergement car ce n’est pas recommandé par notre guide ou par les sites que l’on a lu avant le départ. Car même si on a envie d’aventure, on a aussi envie de rentrer sans traumas et en un seul morceau à la maison.

Et oui il faudra oublier pour de nombreuses destinations chaudes les shorts et les débardeurs, et se couvrir de la tête au pied pour ne pas s’attirer d’ennuis ou tout simplement ne pas offenser les populations locales. Les hommes eux, n’ont d’ailleursImage3 jamais de recommandations sur leur tenues vestimentaires, à se demander si c’est en Europe que nous sommes outranciers ou si c’est ailleurs où la liberté de la femme est limitée…

Mais même en faisant attention à ces deux points, cela n’empêchera pas des regards insistants, des réflexions, et parfois même des filatures jusqu’à notre hôtel ou encore des mains aux fesses ou seins. Je ne sais pas si cette liberté est prise du fait que l’on soit étrangère, mais cela reste toujours désagréable donc toujours rester prudente et prévoyante.

Voyager seule nous pousse vers les autres et vers nous même tout en nous ramenant à notre condition de femme. C’est une véritable bouffée d’oxygène et de liberté prises sur notre quotidien car on ne sait jamais ce qui nous attend pendant la journée. C’est au travers des autres, qu’ils soient comme nous en voyage ou qu’ils soient locaux, que l’on apprendra sur la destination et sur nous-même également. Voyager est souvent une histoire de changement de perspective sur nos vies. Chose impossible en restant chez soi derrière un écran entre nos quatre murs. Et si on a eu assez de temps et assez de chance, on revient à la maison apaisée, grandit et pleine d’une nouvelle énergie.

2 commentaires sur “Voyager en solo, au féminin

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