Une joie féroce, de Sorj Chalandon

En quête d’un bouquin pour le futur week-end pluvieux qui m’attendait il y a quelques semaines, Une joie féroce de Sorj Chalandon avait été mis en évidence dans ma bibliothèque de quartier. Le titre me plaisait bien, et la lecture du premier chapitre intitulé « Une vraie connerie » où l’auteur décrit le début d’un braquage d’une bijouterie à la place Vendôme à Paris par quatre femmes continuait à me plaire. Donc sans grandes hésitations, je l’ai pris sous le bras et me suis mise à le lire dès que je suis arrivée chez moi. Et quelle surprise !

De quoi cela parle ?

Après le premier chapitre, l’auteur nous ramène 7 mois plus tôt pour faire connaissance avec la personnage principal. Jeanne. Jeanne Pardon sera-t-elle appelé tout au long du livre. Jeanne a 40 ans, libraire parisienne et vit avec un mari absent et qui parle peu. On la retrouve lors d’une mammographie qui tourne mal, car elle révèle un cancer. Pas n’importe lequel, celui qui est « facile à soigner » pour nous les femmes, celui du sein. Son mari n’assume pas la maladie de sa femme, la rejette pour finir par la délaisser complètement. Un symbole de lâcheté, mais aussi d’humanité. Elle se retrouve donc vraiment seule face à la maladie. Au début de sa chimio, elle rencontre Brigitte, puis Assia et Mélody, deux d’entre elles sont malades, l’une les accompagne. Le hasard de la vie et des épreuves communes les ont fait se réunir autour de cette maladie qui va les amener loin, très loin. Pour une cause noble, comme pour défier de nouveau la vie, elles décident de faire un casse dans une bijouterie célèbre de la place Vendôme à Paris.

Pourquoi cette histoire interpelle ?

Parce qu’un gang de filles cancéreuses préparant un vol à main armée, il fallait y penser. Les perruques dans ce cas précis prennent une toute autre dimension. Qu’avant cette maladie, chacune a déjà été cassée par la vie. La vie des gens ordinaires certains diraient. Cette histoire nous confirme que la maladie n’est pas une fin en soi et qu’elle peut donner l’impulsion à des idées complètement folles, sans pour autant faire taire la peur. La peur est omniprésente dans le livre : celle d’être abandonné, celle de mourir, celle de se faire prendre… De plus, le cancer est un fléau qui pour nous mesdames, nous concerne toutes, et plus particulièrement celui du sein. Que l’on palpe ou pas nos seins depuis le plus jeune âge, les boules ne s’empêchent pas de s’installer, et nous avons toutes quelqu’un dans notre entourage qui est passé par cette épreuve. C’est le type de cancer qui s’est démocratisé. L’auteur, un homme, s’est mis dans la peau de ces femmes-là, et en plus de nous décrire leurs souffrances et transformations physiques, il nous décrit également les violences psychologiques qu’elles subissent de leurs proches ou par les gens croisés dans la rue. Ces dernières sont celles qui laissent au final les plus grosses traces.

Pourquoi on aime cette histoire ?

On aime cette histoire parce qu’elle sonne juste car elle est avant tout humaine. Sans avoir eu de cancer et en espérant ne jamais en avoir, on voit et on ressent tout ce que Sorj Chalandon décrit. Ces phrases sont courtes, son style fluide et son roman peut se lire d’une traite.

On aime également cette histoire car elle nous montre comment une maladie nous transforme et personne ne fait exception. Comment le quotidien change et que l’envie de vivre qui l’on est vraiment prend le dessus sur tout. Les images de soi se volatilisent, les relations aux autres se corrigent et on se met à compter: les jours, les mois, les saisons, l’argent.

Enfin, l’union fait bel et bien la force. Ces quatre femmes aux destins gris n’auraient pas vécu la maladie de la même manière si elles avaient été seules dans leurs coins à la subir, à la soigner. Et cette idée de braquage n’aurait d’ailleurs jamais émergée. L’amitié, l’amour sont des forces qui ne connaissent aucune logique mais qui sont extrêmement puissantes.

On en sort secoué et avec un autre regard sur nos vies.

A lire et à recommander.

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