Grandir avec Barbie

Après quelques semaines de tergiversations et de retours mitigés sur le film Barbie, hier, premier jour de mes vacances (qui avait un goût de mois de novembre), je suis enfin allée voir le blockbuster de cet été. Et j’ai a-do-ré !

Alors oui, je suis féministe (sans être extrémiste, je précise), et c’est sûrement une des raisons pour lesquelles j’ai aimé ce film, mais pas que. J’ai trouvé l’histoire très originale, drôle, émouvante et intelligente et c’est en grande partie ce que je recherche quand je vais voir un film. Un nombre conséquent de messages sur notre société actuelle passent d’une manière amusante et décalée. Et l’on voit d’ailleurs ici la plume d’une réalisatrice : une femme qui évolue dans le milieu d’hommes qu’est encore Hollywood. Une femme se fait souvent entendre, comprendre, par l’autre genre que lorsqu’elle a de l’humour et de la confiance en elle, pas en étant directe, violente, vulgaire, timide etc. Et c’est ce que Greta Gerwig a utilisé pour réaliser son film.

Je comprends enfin tous les clivages que ce film a pu créer et créera dans le futur. Si vous êtes un homme et que vous n’avez pas compris les références ou avez peut-être été mal à l’aise durant le film, c’est que vous ne comprenez pas le monde dans lequel nous vivons. Et si vous êtes une femme et que vous avez reconnu des traits ou des comportements de votre partenaire dans les personnages masculins, je vous conseille de le larguer ou de mettre à plat les changements nécessaires pour que vous puissiez continuer votre relation. Vous valez tellement mieux que cela…

Pour information, la poupée Barbie a été inventée en 1959, et à peu de chose près, est passée depuis, dans toutes les mains des petites filles du monde occidental au moins une fois. J’y ai joué pour ma part dans les années 90, encore loin des mouvements féministes d’aujourd’hui. Je ne me souviens que de poupées blondes et basiques, pas d’astronaute ou de poupée de couleur.

Contrairement à d’autres, je ne me revois pas m’identifier à elles. Peut-être parce que j’étais déjà une petite fille blanche et blonde… J’en avais peu (car elles étaient et sont encore très chères) et je n’avais aucun accessoire : pas de maison, de voiture ou encore même d’avion. A aucun moment non plus, j’ai réclamé un « Ken », peut être parce qu’il n’y en avait pas à la maison en version humaine et que ma préférée, celle avec qui je jouais constamment, était habillée en capitaine de bateau : elle menait seule sa propre barque (mais sans bateau 😊).

Quant à mes copines, elles avaient la chance d’avoir toute la panoplie et j’en étais jalouse. Je crois même avoir volé un ou deux petits accessoires chez l’une d’entre elles qui avait pour elle seule une véritable chambre Barbie, incluant même un Ken ! A l’époque les Ken étaient seulement bruns. C’est d’ailleurs elle (je ne citerai pas son nom), qui m’a montrée ce que Ken et Barbie pouvaient faire sans leurs vêtements. J’avais droit à des séances de corps à corps, porte fermée, avec les bruitages etc. Je ne comprenais pas vraiment ce qu’il se passait je pense, car encore une fois il n’y avait pas d’homme à la maison contrairement à elle où son papa était toujours sous le même toit.

Je comprends aujourd’hui que ces poupées « innocentes » peuvent avoir une certaine influence et importance dans la vie des enfants, comme tout jeu que l’on met entre les mains de ces derniers. Un besoin d’identification ou simplement de reproduction de ce qu’ils perçoivent dans leur quotidien. Les enfants prennent pour modèle leurs parents, répètent ce qu’ils disent, reproduisent leurs comportements, mais je ne vous apprends rien, surtout à vous, les parents!

A la tête de Mattel, le CEO et les autres postes à responsabilité (CFO, CTO et autres), sont détenus aujourd’hui par des hommes. C’est vrai, qu’il est logique qu’une société produisant des jouets pour enfants dont la cible principale sont les petites filles, soit dirigée par le sexe opposé… Je ne ferai pas plus de commentaire à ce propos ici, mais vous avez compris.

En revanche, ils ont fait des progrès depuis ces dernières décennies, s’adaptant toujours aux courants qui traversent nos sociétés dont celui amenant les femmes à faire autre chose que la cuisine et du baby-sitting. C’était une question de survie pour la marque et ce qui explique sa longévité sur le marché du jouet. Cependant, le physique de Barbie ne change pas trop et reste ce corps stéréotypé, impossible à atteindre à part si l’on a recours au bistouri et à d’énormes sacrifices physiques et alimentaires (révélant au passage une faible estime de soi-même).

Pour ma part je n’ai pas joué longtemps à la Barbie, d’ailleurs je n’en ai aucune dans mes « cartons d’enfance ». En revanche, j’ai gardé assez longtemps le stylo rose avec le tampon sur le dessus avec lequel j’écrivais des histoires sur un cahier le soir avant de m’endormir, et où je me réjouissais d’y tamponner à chaque fin de page le fameux « B »…

Et vous, quels souvenirs conservez vous de Barbie ? Avez-vous des vestiges dans vos placards ? ou encore en avez-vous acheté pour vos enfants ?

2 commentaires sur “Grandir avec Barbie

  1. Je n’ai eu que de bons échos de ce film…je ne sais pas pourquoi je me tâte encore à aller le voir ou pas!
    Comme beaucoup de petites filles j’ai grandi avec Barbie mais je ne me suis pas non plus identifiée, je la voyais seulement comme une poupée.
    J’en avais quelques unes et quelques accessoires que ma grand-mère trouvait en brocante.
    Pour moi, elle reste emblématique d’une époque – d’ailleurs j’ai vu une émission sur le sujet il n’y a pas très longtemps et j’ai trouvé cela intéressant, le regard que chacun/chacune pouvait porter sur Barbie, la poupée, mais aussi le message, les extrêmes véhiculés.
    Barbie change et s’adapte. Je ne l’achète pas forcément parce que de plus en plus de mamans féministes autour de moi la jugent trop « pernicieuse » pour leurs enfants – je respecte même si je n’adhère pas toujours.
    Comme tu le dis tous les jeux ont plus ou moins leurs travers.

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